Rencontre avec Antoine de Maximy : Voyage, inclusion et regards sur le handicap
Rencontrer Antoine de Maximy, c’était réaliser un rêve. Son regard sur le monde m’a ouvert au voyage, et aidé à me construire. Au-delà du handicap ou de l’autisme, je me définis comme profondément humaniste. Ce qui nous fait grandir ? L’expérience de l’autre. L’authenticité. La rencontre.
Brian : On est dans une boîte de production. C’est ici que tu fais tous tes épisodes ?
Antoine : Oui, c’est ici que je travaille. Je regarde toutes les images, puis je rédige un rapport très précis. Pour le Salvador, j’ai écrit 98 pages. Le monteur peut travailler sans moi. Moi, j’arrive à la fin.
Brian : Ce qui m’a marqué, c’est ta rencontre avec Janet au Malawi.
Antoine : Oui, un moment fort. Elle avait eu la polio. Elle mendiait. J’y suis retourné après le tournage, je lui ai donné un peu d’argent. Elle avait ce regard… lumineux.
Brian : Bouleversant…
Antoine : Ce qui m’a frappé, c’est que je ne l’ai pas vue comme « handicapée ». Je lui ai parlé comme à une égale. Elle refusait mon aide. Elle voulait tout faire seule.
Brian : Ce respect simple me parle énormément.
Antoine : Il ne devrait pas y avoir de différence dans la manière de parler. Pas de gants. Être authentique.
Brian : Tu arrives à capter cette authenticité dans tes voyages, c’est très fort.
Antoine : Je crois que c’est ce qui fait que les gens s’ouvrent. Je montre les choses sans filtre ni condescendance.
Brian : Comment fais-tu pour que les gens soient naturels ? Beaucoup se bloquent devant la caméra.
Antoine : J’utilise des petites caméras, fixées sur moi. Pas de perches ni d’équipes. C’est discret, ça aide.
Brian : Ça se ressent. On m’a aussi dit que tu oubliais parfois les gens que tu croises…
Antoine : (rires) C’est vrai ! Je suis brouillon, bruyant, je reconnais mal les visages. Du coup, je parle à tout le monde comme si on se connaissait. Ça crée des ponts.
Brian : J’aurais dû te rencontrer il y a 17 ans…
Antoine : Mieux vaut tard que jamais. Et aujourd’hui, je transmets ce que j’ai appris, même tardivement.
Brian : Et pour la suite ?
Antoine : Continuer ce que j’aime : voyager, écrire, jouer. Même à la retraite. Et j’ai un projet de long-métrage…
Brian : Tu as vu beaucoup de situations dans le monde sur l’accessibilité. Comment tu perçois ça ?
Antoine : En France, on a du retard. Mais ailleurs, il n’y a souvent rien du tout. Paradoxalement, là-bas, on aide plus facilement, sans gêne. C’est la norme.
Brian : Et ça a changé ta perception ?
Antoine : Je ne fais pas de différence. Que ce soit quelqu’un de très petit, handicapé, ou original, je parle pareil. L’authenticité, c’est primordial.
Brian : Dernière question : est-ce que je peux dormir chez toi ce soir ?
Antoine : (rires) Classique ! Non, mais tu peux rester dans la salle de montage. On finit l’épisode sur le Salvador. Tu verras les derniers choix.
Brian : Avec plaisir. Merci Antoine, c’était un vrai plaisir.
Antoine : Merci à toi. J’espère que ça pourra inspirer.
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