De l’autisme à la plume : lutter contre les injustices 

On me dit souvent que j’ai tout dans la tête et rien dans les jambes. Une pensée qui me rappelle une célèbre fable de La Fontaine :

« Rien ne sert de courir, il faut partir à point. »

Mais encore fallait-il arriver jusqu’à cette ligne de départ. Mon parcours a été un chemin tortueux, parfois douloureux, que j’ai appris à apprivoiser au fil du temps pour ne pas laisser son poison lent m’empoisonner.

Je suis né trois jours après Noël, un an avant la chute de l’Union Soviétique. Mes parents, encore à peine remis du foie gras, découvraient ma frimousse impatiente. Malheureusement, j’étais un peu trop pressé, de seulement deux mois, mais comme le dit la fable, rien ne sert de courir. Et courir, je ne saurai jamais vraiment ce que cela fait.

Très tôt, on m’a diagnostiqué le syndrome de Little, une hémiplégie causée par un manque d’oxygène au cerveau à la naissance. J’ai dû apprendre à avancer, pas à pas, un peu comme on joue ses premières gammes.

Petite anecdote : connaissez-vous la marque de jardinage « Gamm’vert » ? Quand j’étais enfant, je répétais sans cesse ce mot, « Gamm’vert », jusqu’à ce que mes parents s’inquiètent. Ce n’était que le début d’un long chemin diagnostique, entre troubles du comportement, puis autisme léger, jusqu’à ce que le trouble du spectre autistique soit confirmé.

Ce diagnostic fut un soulagement, un mot posé sur mes obsessions et mes angoisses, mais il marquait aussi le début d’un combat pour l’intégration.

« C’est compliqué de prendre quelqu’un comme lui dans une école », entendait-on souvent.

Ce fut effectivement un parcours du combattant entre instituts spécialisés, services médicaux, et enfin, l’école ordinaire que j’ai intégrée pleinement en 6ᵉ, grâce à la persévérance de mes parents et au soutien des journalistes qui ont relayé leur appel désespéré pour obtenir une aide scolaire.

Mes parents ont toujours été mes héros. Et peu à peu, j’ai compris que les véritables super-héros ne portent pas de cape, mais un stylo ou une caméra. C’est ce qui m’a donné l’envie de devenir journaliste, pour lutter contre l’injustice.

Cette lutte, je la mène à travers l’écriture, ma plus fidèle alliée, qui apaise mon anxiété et nourrit ma soif de découvrir le monde.

Je dois aussi beaucoup à mes amis, qui ont su m’apporter une paix profonde, parfois sans même s’en rendre compte.

Nous vivons une époque où les injustices semblent souvent masquées sous un voile épais. Pourtant, parfois, on réalise qu’il y a bien un problème.

Je ne suis pas encore journaliste à plein temps, et malgré mes efforts, Pôle Emploi me propose souvent des emplois bien loin de mes ambitions. Mais je garde en tête cette maxime :

« Rien ne sert de courir, il faut partir à point. »

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