La rue du Gros: une artère bouchée.
Publié le 26 juillet 2025
Un établissement tous les 30 mètres, ainsi que l’équivalent de 20 000 kilocalories — soit environ dix jours d’alimentation complète — concentrés sur moins de 400 mètres. C’est ce que vous pouvez trouver rue du Gros-Horloge, à Rouen. Si vous arrivez devant le monument le plus célèbre de la ville avec une petite fringale, soyez prudent : vous êtes déjà à deux heures moins le quart avant la crise cardiaque.
Et si je parle de fringale, c’est bien parce qu’il ne sera pas question ici de vous caler. Car malgré cette densité calorique au mètre carré, ce que l’on vous sert, ce sont souvent des produits ultratransformés, très sucrés ou très salés. Alors, que signifie une telle surabondance pour notre aménagement urbain ? Verra-t-on un jour Élodie Guide Local présenter McDonald’s comme un élément du patrimoine rouennais, dans une ville qui compte désormais plus de fast-foods que de clochers ? Quels sont les risques pour notre santé ? Et quel rôle peuvent jouer les collectivités ? Pour tenter d’y répondre, voici un article riche en graisses saturées… mais qui, je l’espère, ne vous laissera pas sur votre faim.
129 fast-foods pour 100 000 habitants
Ici, nous ne parlons pas, bien sûr, des cafés, des restaurants traditionnels ou des hôtels. Nous avons comptabilisé les établissements qui correspondent réellement à une offre de restauration rapide ou très sucrée. Cela place Rouen à la sixième place des villes de France comptant le plus de ce type d’établissement, selon une étude de l’institut Smappen pour Le Figaro (2023), avec 122 établissements recensés à l’époque.
Mais sur le terrain, nous avons effectué une vérification et recensé nous-mêmes 142 établissements correspondant aux critères cités. Même si des différences d’estimation peuvent subsister en raison des sensibilités de chacun.
La mairie botte en touche…
Contactée, la mairie de Rouen préfère s’appuyer sur les chiffres de la CCI (Chambre de Commerce et d’Industrie), qui comptabilise tous les établissements relevant du code APE 56.10 — cafés, hôtels et restaurants — et évoque 1046 établissements dans la ville. Selon la mairie, les fast-foods représentent une « très petite minorité » de ces établissements.
Elle indique également que Rouen voit se développer une restauration rapide « de qualité » avec des enseignes comme Habibi ou Hokati.
…mais parfois, elle dit stop
La Ville indique avoir déjà mobilisé un droit de préemption pour « lutter contre une trop grande homogénéité commerciale ». Une mesure utilisée notamment rive gauche, dans des secteurs où les kebabs se multipliaient. Elle met en avant quelques exemples d’actions concrètes, comme l’installation d’une boulangerie place des Emmurées ou d’autres commerces alternatifs.
Mais elle reconnaît aussi les limites de son action, estimant que « les règles du marché sont ce qu’elles sont ».
Enfin, elle souligne que Rouen est la seule ville de France à avoir reçu le label UNESCO pour sa gastronomie.
Et du côté de la santé ?
Élise Molina, diététicienne-nutritionniste, confirme les risques d’une telle concentration d’offres de restauration rapide en centre-ville. Selon elle, « une consommation quotidienne de fast-food a des effets bien documentés sur la santé : prise de poids, troubles cognitifs, déséquilibres digestifs et métaboliques ».
Elle souligne que ces effets peuvent survenir rapidement. Chez des personnes en bonne santé, les premiers signes de fatigue, de troubles digestifs ou de concentration peuvent apparaître « en quelques jours à quelques semaines ». Et la prise de poids ou les déséquilibres biologiques peuvent être détectables « en quelques semaines à quelques mois ».
Par ailleurs, elle rappelle qu’une consommation excessive de fast-food peut aussi avoir des impacts hormonaux et sexuels, notamment sur la libido, même à court terme. Et que l’obésité morbide (IMC supérieur à 40) peut, depuis 2014, être reconnue comme un handicap si elle rend difficile la participation à la vie professionnelle. Enfin l’experte déplore que la concentration de ces établissements rend plus difficile l’accès à une offre variée et accessible financièrement plus en phase avec les recommandations nutritionnelles.
En Normandie, 19,8 % des adultes sont concernés par l’obésité, ce qui place la région au troisième rang national.
En conclusion, notons que le restaurant Pitaya, qui avait fermé, va être remplacé par un nouvel établissement asiatique baptisé Wok Me Up. Comme quoi, le réveil, ce n’est pas pour demain,en attendant Rouen patauge dans la graisse.
Version FALC
Il y a beaucoup de fast-foods dans le centre-ville de Rouen. Certains quartiers ont un fast-food tous les 30 mètres. Cela peut être mauvais pour la santé. Une nutritionniste explique que cela peut provoquer des problèmes rapidement : fatigue, maux de ventre, prise de poids.
La mairie dit qu’elle ne peut pas toujours agir, car ce sont les lois du marché. Mais parfois, elle bloque l’ouverture de nouveaux fast-foods dans certains endroits. Elle veut aussi encourager une restauration plus variée et de meilleure qualité.
La ville de Rouen est même reconnue par l’UNESCO pour sa gastronomie. Pourtant, les fast-foods continuent d’ouvrir. Même quand un ferme, un autre le remplace. C’est ce qui va arriver avec un nouveau restaurant asiatique appelé Wok Me Up.
